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Privées de saisonniers, des stations de ski s’inquiètent pour l’hiver à venir !

Les stations de ski du monde entier s’appuient fortement sur la main d’œuvre saisonnière. En France, cette dépendance structurelle est historique, dans des régions peu peuplées et à l’activité économique du tourisme très cyclique. Dans la nouvelle loi montagne, leur statut est d’ailleurs mieux pris en compte, notamment s’agissant de leur protection sociale. Une des principales difficultés réside désormais dans la rareté des saisonniers. Dans certains pays, les employeurs n’hésitent pas à faire grimper les salaires pour attirer des travailleurs . Beaucoup recourent à de la main d’œuvre venue de l’étranger. Un point critique en ces périodes de restrictions de déplacements. Entre les moniteurs de ski britannique dans les Alpes, les serveurs argentins en Andorre et les femmes de ménage mexicaines dans les Rocheuses, les stations du monde entier sont concernées. Mais en matière de pénurie, ce sont les stations américaines qui ont le plus à craindre pour l’hiver prochain.

Plus de visas pour les saisonniers étrangers

Dans le contexte actuel, le gouvernement Trump a annoncé la suspension de plusieurs visas d’entrée sur le territoire américain. Notamment ceux des travailleurs saisonniers et des étudiants en « échange culturel ». Deux sources conséquentes pour les emplois dans les stations de ski comme le rappelle le magazine Powder (en anglais). Une interdiction qui court d’ores et déjà jusqu’au 31 décembre 2020. Bien après le début de la saison hivernale dans l’hémisphère nord. L’objectif n’est pas d’éviter une potentielle entrée de malades du covid-19 mais bien de réserver ces emplois aux Américains. Une approche que les professionnels du tourisme contestent.

Dave Byrd, un des patrons de l’Association Nationale des Domaines Skiables (NSAA) explique : « Nous embauchons tous les Américains locaux et fiables qui veulent un emploi, mais nous aurons toujours des dizaines de postes à pourvoir, quel que soit le taux de chômage ». Et pour cause, les stations sont souvent situées dans des zones peu peuplées, assez loin des villes. Et certains emplois, peu qualifiés, acceptés par les saisonniers venus de l’étranger, n’attirent pas les recrues locales.

Lire aussi : Les saisonniers bloqués en Andorre ne peuvent pas rejoindre les stations d’Amérique du Sud

La saison à venir est en jeu

Pour le premier hiver après (ou pendant) la pandémie, les opérateurs font l’hypothèse d’un plus grand besoin de main d’œuvre. Notamment pour faire respecter les règles de distanciation. Avec près de 2 milliards de dollars de pertes causées par la fermeture anticipée des domaines skiables avant le printemps, les stations ne peuvent se permettre de rater le début de la prochaine saison. 30% de leur chiffre d’affaire est généralement réalisé autour de Noël et Jour de l’An. « L’impact ne serait pas seulement sur les domaines skiables, mais bien sur les centaines de communautés rurales où nos domaines sont situés ».

Les stations américaines, par l’intermédiaire de la NSAA, comptent bien faire valoir leur point auprès des autorités. Et obtenir une dérogation, qui est loin d’être acquise.

Illustrations © DR

Eric T.

Eric, spécialiste de l'univers de la montagne, a mis son baudrier et ses crampons de côté pour rédiger des articles pour : Altitude.news. Business, Nature et Alpinisme sont les trois rubriques principales dans lesquelles vous pouvez retrouver ses articles. Ce montagnard d'adoption est à l'affût d'histoire et d'anecdotes insolites à partager avec ses lecteurs. Pour le contacter directement : eric@altitude.news !

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