Kangchenjunga

Printemps 2013 : Catastrophe sur les pentes du Kangchenjunga, 8.586m !

Au printemps 2013, le Kangchenjunga va vivre une de ses saisons les plus meurtrières. En quelques heures ce sont 5 alpinistes qui trouvent la mort sur ses pentes.

Il y a du monde au camp de base du Kangchenjunga ce printemps 2013. De nombreux pays du monde sont représentés : Espagnols, Hongrois, Italiens, Chinois, Sud-Coréens, Iran et évidemment les locaux de l’étape, les Népalais. Tous sont là pour elle : la troisième montagne de la planète. Moins connu que ses deux grands cousins, l’Everest et le K2, elle culmine tout de même à 8.586 mètres. C’est un 8.000 relativement isolé des autres, à la frontière entre l’Inde et le Népal. Son nom signifie en tibétain « les cinq trésors des neiges », en référence à ses cinq sommets distincts. Quatre sont situés à plus de 8.450 mètres d’altitude.

Parmi les alpinistes au camp de base, on en trouve des très expérimentés, à l’image d’Oscar Cadiach ou de Carlos Soria. Mais les conditions sont délicates ce printemps-là et moins de la moitié des grimpeurs présents au camp de base parviendra à se frayer un chemin jusqu’au sommet. Pire, une bonne partie de ces summiters ne reviendront pas au camp de base en vie.

L’attaque au sommet du Kangchenjunga !

Le 19 mai en début de soirée, les grimpeurs commencent à quitter le Camp 4 situé à 7.700 mètres. Ils partent pour le sommet. Quelques centaines de mètres après le départ, les premiers abandons. Au lever du soleil, les premiers alpinistes sont déjà à 8.200 mètres environ et continuent péniblement leur montée. Ceux qui utilisent de l’oxygène arrivent au sommet les premiers, vers 15h30-16h. Les autres mettent un peu plus de temps : de quelques dizaines de minutes à quelques heures supplémentaires. La descente commence et avec elle, la tragédie s’écrit. Et elle s’écrit avec les témoignages des uns et les hypothèses des autres, la vérité est difficile à écrire avec certitude à cette altitude.

Un Hongrois épuisé, son compagnon à son secours

Zsolt Eross et Peter Kiss, deux Hongrois, sont parmi les derniers au sommet. Sans oxygène, ils ont été beaucoup plus lents que les autres. Dans la descente, Zsolt est épuisé. Kiss est passé devant. Par radio, le premier explique qu’il descend, mais il n’a perdu que 200 mètres en presque 24 heures. Le 21 mai après-midi, sa radio cesse d’émettre. Il est probablement mort épuisé quelque part aux alentours de 8.300 mètres d’altitude. Comprenant les difficultés de son camarade, Peter tente de remonter à sa rencontre dans la nuit. Il a probablement chuté.

Quand les chutes ne pardonnent pas

Le même jour que les Hongrois mais quelques heures plus tôt, deux Sud-Coréens étaient au sommet. Dans la descente, ils se suivent. Nam-Soo Park aurait chuté aux alentours de 7.600 mètres. Son compagnon est devant, il dit ne s’être aperçu de rien. Dans le même temps, le sherpa Phurba Dorji, 23 ans, qui accompagnait un client chinois, a lui aussi chuté. Un peu plus haut, vers 8.000 mètres. Son grand frère, et organisateur de l’expédition, ne s’est aperçu de rien. Il s’occupait d’un autre client chinois qui souffrait du mal des montagnes.

Quand l’Italien Mario Vielmo descend du sommet du Kangchenjunga, il est accompagné par le sherpa Bibas Gurung. Pourtant, ce dernier ne parvient pas au Camp suivant. Il a probablement chuté lui aussi. Cinq morts en quelques heures. Une avalanche a un temps été évoquée pour expliquer un tel bilan, information reprise par des médias du monde entier. Mais l’épuisement et les chutes multiples sont très probablement en cause.  

Illustration © DR

Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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