La Vallée de la Maurienne : des Aiguilles d’Arves au Fréjus [Episode 3]

Qu’on y arrive par le Col du Galibier, le Tunnel du Fréjus, l’Iseran, la Madeleine, la Vallée de la Maurienne offre au visiteur de nombreuses surprises. Dans cette série d’articles, nous remonterons la vallée depuis son entrée à Aiton jusqu’au sommet du Col de l’Iseran. Quelques 130 kilomètres pendant lesquels nous nous écarterons de l’axe principal pour aller à la chasse aux découvertes.

>> Episode 1 : d’Aiton à La Chambre !
>> Episode 2 : des Villards aux Sybelles !

L’ascension des Aiguilles d’Arves

Se rapprocher des Aiguilles d’Arves constitue déjà une aventure. Surtout si vous empruntez la route d’Albiez-le-Jeune. Pour monter sur le plateau d’Albiez-Montrond, ce n’est pas le chemin le plus court, ni le plus aisé, mais il vaut le détour. Etroite, sinueuse, très pentue, la route monte en sous-bois sur plus de 10 kilomètres avant de déboucher dans les alpages. Une fois arrivé à Albiez, il faut monter jusqu’au Col du Mollard. De là, vous ne pouvez plus les rater. Elles se dressent toutes trois face à vous. La plus haute culmine à 3.514 mètres. La plus basse des trois est surnommée « la tête de chat », vous comprendrez pourquoi en la voyant.

C’est William Coolidge qui a réalisé la première ascension en 1878. Mais si vous voulez suivre son exemple et en réaliser l’ascension, vous n’êtes pas au bon endroit. Les itinéraires devant vous sont plutôt difficiles. Le plus simple est de passer par l’autre versant, via le Refuge des Aiguilles d’Arve. Comptez deux jours pour l’aller-retour vers l’Aiguille Centrale (la plus haute) , cotation : PD (Peu Difficile – mais qui demande quand même d’être accompagné par un professionnel si on débute). Pour aller au départ de l’ascension, il faut reprendre la Maurienne et tourner en direction du Col du Galibier.

Aiguilles d'Arves
Les Aiguilles d’Arve. A gauche, la Tête de Chat.

Le Galibier, star des cyclistes

De retour dans la vallée, cap vers l’Est pendant quelques kilomètres. Avant de prendre la montée du Galibier (probablement en vélo), vous pouvez grimper la route des Karellis. Née au milieu des années 1970, cette station est bien particulière. Au premier coup d’œil, rien ne la différencie d’autres petites stations de la vallée comme Valfréjus ou La Norma.

Pourtant ici, la commune de Montricher-Albanne est propriétaire de tous les terrains et les investisseurs sont des associations. Les commerces sont structurés en coopérative. Résultat, on ne cherche pas le profit avant tout mais le « développement durable ». A l’époque où Pierre Lainé a conçu la station, ce concept était encore très nébuleux. Aujourd’hui, la station se porte bien et demeure le seul exemple en Europe de station de ski associative intégrée. Et avec un domaine skiable majoritairement au-dessus de 2.000m, son enneigement attire les touristes ! Si vous venez une semaine, le forfait est inclus dans votre hébergement. A la journée, comptez 28,50 € pour un adulte (tarif hiver 18/19). Le secteur débutants est gratuit (4 téléskis).

Mais trêve de digression, revenons sur la route du Galibier. Après avoir passé le Col du Télégraphe et traversé Valloire, la route monte dans un paysage de plus en plus alpin. Les forêts laissent la place aux alpages et si vous passez ici en juin, vous verrez encore beaucoup de neige sur les abords de la route. Le Col du Galibier est un des derniers des Alpes à être déneigé, il faut dire qu’il culmine à 2.642 mètres ! Ce versant est le plus difficile pour les cyclistes (non que l’autre soit facile mais bon…). De nombreux passages à 9% de moyenne et une fin avec des pointes à 10-11%, il faut se le gagner ce col. Encore une fois, en voiture, c’est moins fatigant. Au Col, la vue panoramique est saisissante : glaciers de la Meije, Mont Viso et pourquoi pas le Mont Blanc (si le temps le permet).     

Col du Galibier
Col du Galibier, 2.642 mètres.

Orelle : la liaison avec la Tarentaise

En revenant dans la vallée de la Maurienne, l’autoroute passe dans un long tunnel au niveau d’Orelle. Mais pas vous, ne reprenez pas cette autoroute et arrêtez-vous justement à Orelle. Un petit village qui comptait quelques 1.200 habitants durant la première moitié du XXème siècle à la faveur d’une industrie florissante basée sur la puissance hydroélectrique de l’Arc. Toute cette histoire est bien lointaine, aujourd’hui, quelques 350 habitants demeurent dans la commune. En 1996, Orelle sort de sa léthargie et inaugure une télécabine qui rejoint le domaine de Val Thorens, et par-là celui des 3 Vallées. Véritable porte vers la Tarentaise, cette ligne de télécabine est d’ailleurs en train d’être rénovée. Idéal pour skier à Val Thorens en se logeant à moindres frais…  Ci-dessous, petit vol avec la tyrolienne géante d’Orelle…

Vers Milan !

En quittant Orelle, on ne tarde pas à approcher de Modane, grosse bourgade de la vallée avec ses quelques 3.100 habitants. Mais avant d’y arriver, le choix est difficile. A gauche : Modane, à droite : l’Italie ! Depuis l’été 1980, le Tunnel du Fréjus relie la Maurienne au Piémont italien. Presque 13 kilomètres de traversée, empruntés chaque année par près d’1,8 millions de véhicules. Au cœur du Tunnel, on peut apercevoir l’accès au LSM, un laboratoire du CEA et du CNRS qui mène des expériences en physique des particules et en astrophysiques bien à l’abri de tout rayonnement cosmique.

Modane
Modane centre.

Illustration © Aiguiles d’Arves : Pixabay / Galibier : Bonzon / Modane : Poudou99

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