La Vallée de la Maurienne : de Modane à l’Iseran [Episode 4]

Qu’on y arrive par le Col du Galibier, le Tunnel du Fréjus, l’Iseran, la Madeleine, la Vallée de la Maurienne offre au visiteur de nombreuses surprises. Dans cette série d’articles, nous remonterons la vallée depuis son entrée à Aiton jusqu’au sommet du Col de l’Iseran. Quelques 130 kilomètres pendant lesquels nous nous écarterons de l’axe principal pour aller à la chasse aux découvertes.

Découvrir les 3 épisodes précédents : Episode 1 : d’Aiton à La Chambre | Episode 2 : des Villards aux Sybelles | Episode 3 : des Aiguilles d’Arves au Fréjus

Modane et ses stations de ski !

Modane aurait pu avoir sa grande station de ski. A l’époque de la création de Val Thorens, une seconde station dénommée Val Chavière était sur la table. Les détracteurs du projet ont tenu bon, et cette station n’a jamais vu le jour. Il faut dire qu’elle empiétait fortement sur le territoire du Parc de La Vanoise. Elle aurait été accessible sur les hauteurs de Modane. En contrepartie, la ville avait obtenu à l’époque quelques subventions pour réaliser des équipements publics. Les deux stations à proximité de Modane sont aujourd’hui Val Fréjus et La Norma ; des stations de taille moyenne situées respectivement à 9 et 5 kilomètres au-dessus de la ville.

Lire aussi : l’Affaire de la Vanoise ou le destin contrarié de la station Val Chavière

A la sortie de la ville, on passe un site industriel hors-norme, celui de l’ONERA, l’Office Nationale d’Etudes et de Recherches Aérospatiales, un centre de recherche affilié au Ministère des Armées. Sur le site de Modane-Avrieux, on trouve la soufflerie aéronautique la plus puissante au monde. Baptisée S1, elle mesure 400 mètres de long pour 24 de haut. Elle est équipée de deux immenses ventilateurs de 44 mégawatts chacun. L’installation est directement alimentée par des turbines installées sur une conduite forcée venue des sommets avoisinants. Au total ce sont quelques sept souffleries réparties sur 10 hectares. Elles permettent des tests que les simulations numériques ne sont pas capables de réaliser. D’ici à 2023, ce sont quelques 100 millions d’Euros qui devraient être investis pour la modernisation du site. Découvrez le site en images, ci-dessous.

Les Forts de l’Esseillon

Changement de registre quelques kilomètres plus loin avec la fameuse Barrière de l’Esseillon, un ensemble de fortifications construits dans la première moitié du XIXème siècle. Quatre forts et une redoute qui protégeaient le Royaume de Sardaigne d’une éventuelle attaque française. Ces fortifications n’ont jamais été témoins de combats. Un des forts n’est pas achevé, un autre a été partiellement détruit en 1860, les trois autres sont bien debout. Ils sont désormais classés Monuments Historiques. Pour 8 €, il est possible cet été d’effectuer une visite nocturne de l’un des forts, le plus imposant, le fort Victor Emmanuel (photo ci-dessous). Renseignez-vous à l’Office de Tourisme d’Aussois. Il est également possible de faire une Via-Ferrata à proximité des forts.

Un drôle de menhir

Astérix et Obélix n’ont rien à voir avec ce monolithe situé au niveau de Sollières-Sardières, au milieu d’une forêt de mélèzes et de pins à crochets. C’est bien l’érosion qui a créé cette drôle de sculpture. Ce rocher vertical mesure quelques 93 mètres de haut et il est possible d’en réaliser l’ascension. Prudence, certaines voies sont réservées aux connaisseurs. La difficulté peut monter jusqu’à 7a. Il est situé dans le Parc de la Vanoise et un circuit de randonnée permet d’en faire le tour en une paire d’heures.

Un peu plus loin, à la sortie de Termignon, on peut s’engager en direction de Bellecombe. La route est étroite mais la récompense vaut l’effort. Une douzaine de kilomètres plus loin, on prend place sur un parking situé à 2.307 mètres. Laissez votre voiture et faites la petite promenade qui vous mènera au Refuge du Plan du Lac. Quelques 60 mètres de dénivelé dans un cadre verdoyant. Au refuge, vue panoramique sur les sommets de la Vanoise : Pointe de la Réchasse, Dent Parachée, Grande Casse… Si vous êtes vraiment fatigués, une navette gratuite vous évitera les 30 minutes de marche. Après une part de tarte aux myrtilles au refuge, vous pouvez redescendre ! En hiver, il est possible d’accéder au refuge en skis de randonnée mais on doit laisser la voiture beaucoup plus bas.

Dernière chance pour l’Italie

Si vous voulez basculer en Italie, votre dernière option est le Col du Mont Cenis. Même sans passer la frontière, il est bien agréable de découvrir le Lac du Mont Cenis. Il s’agit d’une retenue d’eau artificielle, assortie d’un barrage EDF, construits dans les années 1960. En fonction du niveau de remplissage, l’esthétique n’est pas toujours au rendez-vous.

Croyez-le ou non mais dans les années 1870, une ligne de chemin de fer relie Saint Michel de Maurienne à Suze en Italie. Les rails passent justement par le Col du Mont Cenis. Quelques 80 kilomètres que les locomotives à vapeur mettent une douzaine d’heures à franchir. Une histoire qui s’arrête vite. En 1871, l’ouverture du tunnel ferroviaire du Fréjus sonne le glas de cette ligne. Si on redescend côté français, c’est pour mieux monter vers Bessans, haut lieu du Biathlon français puis vers Bonneval sur Arc, ultime village de la vallée. Toits de lauzes, murs en pierre, de quoi mériter le label des « Plus Beaux Villages de France ».

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C’est ici le point de départ de la montée au Col de l’Iseran, quelques 14 kilomètres de pente bien souvent à plus de 8% (pointes à 11%). Le col culmine à 2.764 mètres. Parcourez-en la montée en vidéo, ci-dessous.  

Illustrations : Hameau de l’Ecot © Bonneval sur Arc / Fort Victor Emmanuel © Mossot  / Monolithe © Florian  Pépellin /Lac du Mont Cenis © Espirat

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