Le Beyul : ce paradis caché au cœur de l’Himalaya !

Dans Sans jamais atteindre le sommet, Paolo Cognetti évoque le « mythe tibétain du beyul, une vallée secrète dont l’accès est gardé par de hauts cols, des tempêtes de neige et des bêtes féroces. D’après la croyance » ajoute-t-il « il y en aurait plusieurs dans l’Himalaya ». Derrière la légende se cachent souvent des réalités. D’où vient cette histoire séculaire et à quoi peut-on la raccrocher aujourd’hui ? Ces paradis cachés existent-ils vraiment ? Peut-on y accéder ?

Shangri-La 

Dès le VIIIème siècle, les préceptes bouddhistes évoquent les beyuls. Des vallées sacrées de l’Himalaya qui peuvent servir de refuges aux peuples persécutés, victimes de guerre, souffrants de la famine… Dans ces espaces, les fruits et les animaux sont abondants, et les hommes vivent en paix. Après l’apocalypse, la vie pourrait même reprendre en ces lieux. Ces lieux de prospérité ont longtemps fait fantasmer. Dans Les Horizons perdus en 1933, le romancier britannique James Hilton évoque un beyul nommé Shangri-La. L’auteur y décrit une vallée tibétaine isolée où la vie est facile, les habitants y vivent centenaires loin des maladies et à l’écart de la corruption du monde extérieur. Plusieurs hautes vallées de l’Himalaya affirment avoir inspiré Hilton : au Bhoutan, en Inde et en Chine.

Pemako

L’anthropologue anglais Ian Baker s’est particulièrement intéressé à ce sujet. Il explique notamment que le peuple sherpa, venu du Tibet, s’est installé dans la vallée du Khumbu dans cette logique. Le Khumbu, au Sud de l’Everest, était alors leur beyul. Mais il a surtout travaillé sur le beyul de Pemako, un modèle du genre. C’est à l’Est des gorges de la rivière Tsangpo que l’on découvre ce territoire à cheval sur le Tibet et l’Inde. Longtemps, les explorateurs se demandaient d’où venait l’eau des puissantes cascades de ces gorges parmi les plus profondes du monde. Elle traversait un territoire difficile d’accès peuplé au fil des siècles par de nombreuses migrations (notamment du Bhoutan et du Tibet) et au climat plus favorable que les hauts plateaux. Pemako n’est plus aujourd’hui un territoire caché mais garde son caractère sacré. De nombreux bouddhistes y viennent en pèlerinage chaque année.

Plusieurs dizaines de régions de l’Himalaya peuvent aujourd’hui être considérées comme des beyuls. Même si certaines sont très peu visitées, comme dans le Rolwaling (Népal), le beyul inaccessible que personne n’aurait encore découvert semble rester un mythe.

Illustration © FLickR

1 COMMENTAIRE

  1. Très intéressant cet article !
    BEYUL
    & un mot de plus que j’ignorais.
    Les légendes font rêver.
    Il y aura bien une agence qui titra
    “A la recherche du beyul, trekking”, 6 400€

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