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Expéditions hivernales 2019 : un bilan de fin de saison bien mitigé !

Alors qu’Alex Txikon annonçait il y a quelques heures la fin de son expédition, il est temps de faire un premier bilan de la saison hivernale 2018-2019 en Himalaya. Un bilan plutôt mitigé tant la saison paraissait prometteuse. Quatre expéditions étaient organisées entre Pakistan et Népal. Aucun sommet n’a été atteint et deux alpinistes ont perdu la vie. Retour sur ces 3 mois d’hiver.

Simone Moro et la neige du Manaslu

Seule expédition à se dérouler au Népal, l’ascension du Manaslu était entreprise par Simone Moro. Fin janvier, il avait déjà abandonné ! Plusieurs mètres de neige tombés en quelques heures rendaient la montagne trop dangereuse. Le camp de base lui-même était menacé par les avalanches. Aux côtés de Pemba Gelje Sherpa, Moro était arrivé au camp de base le lundi 14 janvier. Il tentait de réaliser la première du Manaslu totalement hivernale ; la première ascension hivernale officielle avait débuté en fin d’automne.

Pourtant, il n’avait pu dépasser l’altitude de 6.000 mètres. Le plus gros de son temps avait été passé à attendre sous la tente du camp de base et à déneiger ! Il n’avait même pas pu accéder au camp de base à pied, une arrivée en hélicoptère avait été rendue incontournable : trop de neige.

Lire aussi : Simone Moro abandonne au Manaslu !

Tragédie au Nanga Parbat

Partis au Nanga Parbat (Pakistan) dans l’idée d’ouvrir un nouvel itinéraire via l’Eperon Mummery, le Britannique Tom Ballard et l’Italien Daniele Nardi, ont fait face à des conditions très difficiles. Dans une zone très avalancheuse, ils ont tenu tête à la montagne pendant plusieurs semaines. Patientant longtemps au camp de base, et repartant à l’assaut dès que les rayons du soleil se frayaient un chemin à travers les nuages. Assez vite, les grimpeurs pakistanais qui les accompagnaient se résignent. Trop d’attente, et trop risqué. Fin février, la radio et le téléphone satellite de Nardi ne répondent plus. Les dernières nouvelles les positionnaient vers 6.000 mètres, puis plus rien. Petit à petit, l’idée d’une panne de batterie a laissé place aux pires options. Quelques jours plus tard, les premières reconnaissances héliportées avaient lieu. Sans succès. Dans un contexte tendu à la frontière Indo-Pakistanaise, mobiliser des ressources aériennes militaires n’était pas gagné. Pourtant, l’implication discrète de l’ambassadeur d’Italie au Pakistan (entre autres) a permis d’accélérer les choses. Hélas, les recherches (aidées par les drones d’Alex Txikon) n’ont pas fait de miracles. Le 9 mars dernier, le décès des deux alpinistes était confirmé.

Alors que les conditions de leur mort n’étaient pas encore clarifiées, les langues se déliaient déjà. A l’image de Simone Moro, qui affirmait qu’un tel itinéraire était du suicide  !

Le Nanga Parbat, qui avait fait parlé de lui l’hiver précédent avec la mort de Tomek Mackiewicz, mérite bien son surnom de « montagne tueuse »…

Le K2 toujours inaccessible !

C’est sur le K2 que les alpinistes étaient les plus nombreux cette saison. Deux expéditions aux approches très différentes avaient le même objectif : être les premiers au sommet du K2 en hiver. Ils sont tous repartis bredouilles. Mais contrairement à l’expédition polonaise de l’an dernier, dans laquelle 2 grimpeurs avaient été blessés, ils sont tous rentrés sains et saufs.

D’un côté un groupe composé de Russes, de Kazakhes et de Kirghizes, emmenés par Vassily Pivtsov. Avec une détermination et un sens de l’effort bien soviétiques, ils ont bravé la montagne autant que possible parvenant à presque 7.500 mètres. Ils n’ont pas ménagé leur peine multipliant les sorties à la moindre accalmie.

De l’autre côté, l’expédition organisée par le Basque Alex Txikon. A ses côtés d’autres Basques et des Népalais ; grimpeurs et scientifiques. Une approche différente pour ce deuxième groupe. Un effort choisi, une volonté de réduire les risques au minimum acceptable. Résultat, une présence sur le K2 beaucoup moins importante que la première équipe. D’ailleurs, ils n’ont pas dépassé l’altitude de 7.050 mètres environ.

Au K2, le record d’altitude en hiver reste à 7.650 mètres. Atteint par les Polonais en 2003, le record n’a même pas vacillé cet année… le K2 demeure le seul 8.000 à n’avoir jamais été gravi en hiver.

Rendez-vous l’an prochain au K2…

Lire aussi : Deux grands himalayistes polonais analysent les tactiques au K2

Illustration © Expé 2019 Winter K2

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