Bilan K2 2021

Au K2 : le lourd bilan de la saison hivernale 2020-2021!

Deux morts et trois disparus, c’est le terrible bilan de cette saison hivernale au K2. Certes couronnée d’une première ascension hivernale historique, mais à quel prix ?

Quelques heures après l’arrivée au sommet de 10 Népalais, on apprend la chute fatale de l’alpiniste espagnol Sergi Mingote. Ce 16 janvier, c’est entre le Camp 1 et le Camp de Base Avancé que le Catalan est tombé. Quelques minutes plus tard, dans les bras de ceux qui sont accouru au pied de la paroi, Sergi s’éteint. S’il n’éclipse pas la réussite des Népalais, cet accident marque un coup d’arrêt dans la mécanique bien huilée des expéditions. Quelques jours plus tard, à la faveur d’une nouvelle fenêtre météo, les grimpeurs sont nombreux à retenter leur chance. La plupart renoncent, à l’instar du Bulgare Atanas Skatov qui préfère faire demi-tour. En descendant du Camp 3, une erreur en changeant de corde fixe le propulse dans le vide. Il faut alors plusieurs heures pour retrouver son corps sans vie.

Trois disparus près du sommet

Au même moment, d’autres alpinistes ont choisi de continuer vers le sommet. Parmi ces quatre grimpeurs, seul un est redescendu à temps (Sajid Sadpara). Les trois autres sont portés disparus. Ce n’était pourtant pas des débutants : le Pakistanais Muhammad Ali Sadpara était une référence dans la communauté des himalayistes, héros national pour certains, ami pour beaucoup. A ses côtés, l’Islandais John Snorri et le Chilien Juan-Pablo Mohr. Chacun à leur manière, ils avaient une expérience significative de la très haute altitude. Les opérations de secours n’ont pas permis de retrouver leur trace .

Au camp de base comme à travers le monde, tout le monde espérait une fin heureuse à cet épisode. Mais l’heure tourne et la survie à 8.000 mètres est une affaire d’heures, à plus forte raison en plein hiver. Ce lundi, l’épouse de John Snorri a confirmé ce fait : « nous savons que maintenant que la nuit tombe sur les montagnes, il y a peu d’espoir de retrouver John vivant ». Quelques heures plus tôt, de retour à Skardu, Sajid Sadpara espérait une nouvelle tentative pour retrouver « le corps de son père ». Une alpiniste au camp de base, Tamara Lunger, écrivait lundi évoquant Juan-Pablo Mohr : « que les chances de te revoir vivant sont proches de zéro ».

Le pire bilan de l’histoire hivernale du K2

A ces victimes s’ajoutent un sherpa blessé par une chute de pierres et des grimpeurs souffrant de gelures. Après son évacuation du camp de base, le grec Antonis Sykaris a ainsi dû rester plusieurs jours à l’hôpital militaire de Skardu.

Ce bilan est de loin le plus sombre de tous les hivers au K2. Dans l’histoire des expéditions hivernales sur le second sommet du monde, seule la tentative de 2011-2012 avait été endeuillée. A l’époque, c’est le Russe Vitaly Gorelik qu’une pneumonie avait emporté au camp de base, faute d’évacuation possible à cause du mauvais temps (lien an anglais).    

Illustrations © DR

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