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Les habitants des régions d’altitude moins sensibles au coronavirus ?

Une étude menée par des scientifiques de l’Institut Universitaire de Pneumologie de Québec, et pré-publiée sur ScienceDirect (en anglais) fait un constat étonnant. Un lien serait établi entre affaiblissement du covid-19 et altitude. Les populations vivant au-delà de 3.000 mètres d’altitude seraient moins infectés, notamment grâce à leur « acclimatation physiologique à l’hypoxie ». Les chercheurs ont analysé des données épidémiologiques concernant des populations du Tibet, des hauts plateaux boliviens et des montagnes d’Equateur. Cette matière a été comparée aux données concernant les populations des plaines.

Une tendance surprenante décelée au Tibet

S’ils se sont intéressés à ce sujet, c’est que les données venant du Tibet étaient initialement très surprenantes. Alors même que la région du Plateau tibétain est reliée au reste de la Chine et que les échanges (notamment via les touristes chinois) sont nombreux avec la région épicentre de Wuhan, le nombre de cas sur l’ensemble du plateau était de seulement 134 cas confirmés. Bien que quelques cas graves soient apparus, ils se sont tous rétablis : aucun décès n’aurait été constaté.

Comme les chiffres venus de Chine peuvent être sujet à controverse, l’étude a voulu confirmer cette tendance surprenante en la comparant à d’autres régions de haute altitude. En Bolivie, le pays tout entier est à ce titre un laboratoire à ciel ouvert. Quelques-unes des principales agglomérations du pays sont situées au-delà de 2.500 mètres d’altitude. A l’image de million d’habitant d’El Alto, à 4.150 mètres. En Bolivie, les premiers cas – importés d’Italie et des USA – sont arrivée début mars. En plus d’un mois, seules 50 cas positifs ont été enregistrés dans les zones d’altitude malgré les quelques 5 millions d’habitants vivants dans des villes assez denses. Plus bas, à Santa Cruz de la Sierra (400m), une centaine de cas ont été comptabilisés sur une ville d’1,6 million d’habitants. La tendance est la même en Equateur.

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Une histoire d’enzymes

Les cellules des voies respiratoires contiennent une enzyme qui favoriserait le développement de pathologies liées au virus. L’hypoxie (le manque d’oxygène) réduirait considérablement l’expression de cette enzyme. Les scientifiques font donc l’hypothèse que l’acclimatation à la haute altitude, et donc la vie dans un environnement en « hypoxie », réduirait la capacité du virus à faire des dégâts. 

Pour autant, la démonstration n’est pas terminée. « Les données de la présente étude suggèrent une pathogénicité fortement réduite du SRAS-CoV-2 en haute altitude, mais il n’y a pas encore de preuve d’un mécanisme physiologique sous-jacent qui pourrait affecter la gravité de l’infection. Cependant, il existe une corrélation positive entre le taux d’infection du SRAS-CoV-1 et » le taux de l’enzyme en question.

Si un certain nombre d’explications restent à apporter, les faits sont bien là, ce mécanisme lié à une enzyme est affecté par l’altitude (et surtout l’hypoxie) . Ce mécanisme semblerait avoir un impact sur la gravité de l’infection au nouveau coronavirus. Les observations dans les populations de montagne semblent aller dans le même sens.

Alors on file à la montagne !

Alors, qui veut passer ses vacances en montagne ? Pas si vite… Nul doute qu’un séjour en montagne peut faire beaucoup de bien. Cependant, une semaine à 1.800 mètres n’a pas le pouvoir d’acclimatation d’une vie passée à 4.500… L’étude porte bien sur des populations vivant à haute altitude. Rien n’indique donc qu’un séjour en montagne aux altitudes françaises soit moins risqué qu’au bord de la mer.

Illustration Altitude Coronavirus © DR

Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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