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Un tigre photographié à 2.500 mètres d’altitude : une bonne nouvelle !

Une photographie récemment prise par un piège photographique installé à 2.500 mètres d’altitude a fait parler d’elle. Ce « piège », situé à l’extrême-ouest du Népal, à la frontière avec l’Inde, a « capturé »… un tigre ! Les officiels locaux ont immédiatement évoqué une première à une telle altitude (en anglais) . La population de tigre népalais, estimée à 235 individus, réside généralement plus bas, dans des zones avec une végétation plus dense. Idéal pour se dissimuler. Les spécialistes népalais ont expliqué qu’il était complexe de fournir les raisons de la présence de l’animal. « Nous devons chercher à comprendre si le mouvement du tigre est lié au changement climatique, à la recherche de proies, d’un partenaire ou s’il s’est simplement perdu ». Pour autant, contrairement aux affirmations locales, la présence de tigres en altitude n’est pas une première dans l’arc himalayen.

A plus de 4.000 mètres au Bhoutan !

C’est au Bhoutan que le phénomène est le plus courant (en anglais). Dès la fin des années 1980, les naturalistes repèrent les premiers cas. En 2000, des photographies attestent de la présence du prédateur à 3.000m. A la même époque, ses empreintes caractéristiques sont détectées à 4.110 mètres d’altitude. En 2008, toujours au Bhoutan, des tigres sont vus à 4.300 mètres.

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De nouveaux habitats adaptés au tigre

Une étude de 2019 menée par des chercheurs indiens, népalais et bhoutanais a estimé à 5 millions d’hectares les territoires d’altitude qui se prêtait à abriter des tigres. Une zone à cheval sur les trois pays dans laquelle des tigres sont régulièrement aperçus. L’évolution du couvert forestier (qui monte en altitude à la faveur du réchauffement climatique) explique notamment pourquoi aujourd’hui plus qu’hier, certaines zones peuvent devenir habitables par le tigre (en anglais). La pression humaine dans les plaines peut également expliquer ces mouvements vers des régions où les hommes sont moins présents. A ce stade, les scientifiques ne savent dire si le phénomène est une nouvelle tendance et la naissance d’un nouvel habitat durable pour le tigre. Ou si toutes ces observations sont une somme d’anomalies individuelles.   

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Une bonne nouvelle pour la survie de l’espèce

Le tigre fait partie des animaux menacés. On ne compterait que quelques milliers de spécimens dans le monde, alors qu’ils étaient plus de 100.000 au début du XXème siècle. Un déclin de près de 97% en une centaine d’années. Leur adaptation à de nouveaux habitats pourrait être une bonne nouvelle pour leur conservation. Plusieurs états, réunis à Saint Petersbourg en 2010 s’étaient engagés dans la protection de l’espèce. L’objectif était de parvenir à doubler la population de tigres avant 2022. Le Népal n’est pas loin d’atteindre son objectif, et les nouveaux habitats d’altitude pourraient bien aider cette espèce fragile à survivre.

 Illustration © Division Forest Office Dadeldhura

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Arnaud P

Passionné par l'univers de la montagne sous tous ses aspects, Arnaud est membre de la rédaction d'Altitude.News ! Originaire du sud de la France, ça ne l'a pas empêché de s'installer un temps en Savoie ! Il écrit des articles dans les catégories : Alpinisme, Rando/Trek, Business et Nature. Pour le contacter directement : arnaud@altitude.news !

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