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Tendance : la vitesse est-elle le futur de l’alpinisme ?

C’est la question posée par Tracy Ross dans un récent article pour le magazine américain Rock&Ice (en anglais) . Elle y décrit les évolutions de deux sports qui tendent à se mélanger. L’ultra-trail ou l’ultra-running d’un côté, l’alpinisme de l’autre.

Une quête de vitesse pas si récente…

Elle raconte les exploits des Kilian Jornet et autres Karl Egloff qui grimpent les sommets les plus hauts de tous les continents à vitesse maximale. D’origine helvéto-équatorienne, Egloff a par exemple grimpé le Denali (Alaska) en 7h40 l’été dernier, là où les expéditions traditionnelles mettent plusieurs jours. Il n’était pas le premier runner à s’attaquer au plus haut sommet d’Amérique du Nord, connu pour ses conditions parfois quasi-polaires. Quelques années plus tôt, le Catalan Kilian Jornet réalisait cette ascension en moins de 10h. Grimper ces sommets le plus vite n’est pas si récent rappelle Tracy Ross. Déjà en 1990, le Russe Anatoli Boukreev approchait les 11h sur le même itinéraire.

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Vingt ans plus tôt, des « Patrick Berhault et Jean-Marc Boivin » avaient déjà fait germer cette idée d’endurance et de vitesse mêlées. Et bien avant, dans les années 1950, Erich Wascak et Leo Forstenlechner grimpaient bien la face nord de l’Eiger en 18 heures…  

Des athlètes hybrides

Les nouveaux runners sont des athlètes hybrides. Ils plébiscitent le « rapide et léger » si cher à feu le Suisse Ueli Steck et ont développé de sérieuses compétences en grimpe. Il ne s’agit plus de savoir courir sur des sentiers terreux à 2.500 mètres d’altitude, d’avoir l’endurance pour tenir des dizaines de kilomètres. Non, il est question d’alpinisme, d’escalade. Des baskets et des crampons, un sac léger et un piolet,… on retrouve cette combinaison sur la plupart des sommets « faciles » de la planète.

« Battre un record de vitesse sur un sommet non technique n’a pas de sens pour un alpiniste » explique l’auteur, citant le grimpeur Conrad Anker. La majorité des runners qui s’attaquent aux sommets visent effectivement des montagnes « accessibles ». A l’exception de l’élite de la discipline. Jornet sur l’Innominata au Mont Blanc, Egloff en face Sud de l’Aconcagua en sont quelques exemples. Cette élite qui prend des risques considérables, à l’image de Jornet et Forsberg mal équipés et coincés sur l’Eperon Frendo. Car si grimper léger est parfois un atout – pour réduire le temps passé dans les zones les plus engagées – ce peut-être un vrai risque, notamment quand les conditions s’en mêlent.

Egloff voit cette tendance à l’alpinisme de vitesse s’étendre : « Je suis sûr que les coureurs grimperont plus et les grimpeurs courront plus ».

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Illustration © DR

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Eric T.

Eric, spécialiste de l'univers de la montagne, a mis son baudrier et ses crampons de côté pour rédiger des articles pour : Altitude.news. Business, Nature et Alpinisme sont les trois rubriques principales dans lesquelles vous pouvez retrouver ses articles. Ce montagnard d'adoption est à l'affût d'histoire et d'anecdotes insolites à partager avec ses lecteurs. Pour le contacter directement : eric@altitude.news !

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