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Le ski-bashing ou le second péril climatique de l’industrie du ski

Il est désormais clair que le réchauffement climatique et ses conséquences directes affectent la montagne. Recul des glaciers, fragilisation du pergélisol, manque de neige à certaines périodes. Les pratiquants de la montagne sont les premiers à constater des changements initiés plusieurs décennies en arrière. Les études des climatologues sont sans équivoque, la fin du siècle pourrait être catastrophique pour l’industrie du ski. Une étude publiée en avril dernier posait le débat. Elle expliquait notamment qu’après 2050, aucune station française ne serait en capacité à offrir du ski sans neige de culture. Avec la production de neige de culture, en 2100, seules 24 stations seraient encore skiables. Certains scénarios présentés par les scientifiques permettent d’amortir l’impact, mais les changements semblent en partie engagés.

Alors que certaines conséquences du changement climatique sont déjà visibles, comme la fragilisation de certaines remontées mécaniques, les industriels du secteur commencent à prendre publiquement le sujet en main. A l’image du communiqué à la tonalité de « mobilisation générale », émis par les Domaines Skiables de France début novembre. Dans ce texte, les professionnels veulent s’unir pour « faire plus et ensemble ! ».

Et si le ski-bashing nous guettait ?

Car un autre péril guette l’industrie du ski, un effet « pervers » de la prise de conscience collective des évolutions climatiques. Celui qui enjoint les citoyens à prendre conscience de leur propre impact sur la planète, à l’image des mouvements de boycott des compagnies aériennes en Scandinavie. En quelques mois, le « flygskam » (ou honte de prendre l’avion) a contribué à faire baisser de près de 9% le nombre de passagers sur les vols intérieurs en Suède. Une étude Criteo expliquait récemment que 18% des voyageurs français avaient décidé dans les 6 derniers mois de ne pas voyager pour minimiser leur empreinte carbone. Des chiffres à prendre avec des pincettes mais qui peuvent faire réfléchir.

Comme d’autres activités touristiques, l’empreinte environnementale des séjours à la montagne n’est pas neutre. Les gaz à effet de serre dégagés par les trajets des visiteurs, les besoins en énergie des bâtiments, la consommation d’énergie et d’eau des domaines skiables, l’impact humain dans des territoires à la biodiversité riche… le tourisme de montagne peut vite se retrouver ciblé par le ski-bashing. Dans un monde où le public peut se forger une opinion à vitesse grand V, l’industrie du ski doit être prête à répliquer. Si de nombreux progrès ont été réalisés ces dernières années, les opérateurs de domaines skiables semblent aujourd’hui vouloir prendre ces sujets en main et en parler. « Il en va de la survie de l’ensemble des vallées d’altitude hexagonales et de leurs habitants » explique Alexandre Maulin, Président de Domaines Skiables de France, rappelant les dizaines de milliers d’emplois dépendants des domaines skiables.

Le renouvellement de la clientèle en jeu

Les populations jeunes, plus sensibles à ces sujets d’impacts environnementaux, sont les clients de demain. Les domaines skiables redoublent d’inventivité pour faire face à la clientèle vieillissante. Ils déploient notamment des tarifications adaptées ou des activités innovantes. Il s’agit là d’attirer et fidéliser de nouveaux skieurs. Mais ce message de responsabilité environnementale du secteur n’est pas encore très audible. Outre-Atlantique, on communique depuis plusieurs années pour rassurer les consommateurs…

En 2017, le géant américain Vail Resorts (premier opérateur nord-américain de domaines skiables) annonçait son programme « Commitment to Zero ». Pour une empreinte carbone neutre à horizon 2030. Chaque année, le groupe communique sur les progrès réalisés et les investissements importants en la matière. Il est question d’économies d’énergie, de tonnes de déchets recyclés et d’hectares de terrains reboisés.

En France, certaines stations mènent des initiatives pionnières à l’instar de Serre Chevalier qui déploie un programme ambitieux de production d’énergies renouvelables pour alimenter son domaine skiable. Le projet se chiffre en millions d’Euros. Objectif : installer panneaux solaires, éoliennes et systèmes hydroélectrique sur le réseau de neige de culture.

Illustration © DR

Eric T.

Eric, spécialiste de l'univers de la montagne, a mis son baudrier et ses crampons de côté pour rédiger des articles pour : Altitude.news. Business, Nature et Alpinisme sont les trois rubriques principales dans lesquelles vous pouvez retrouver ses articles. Ce montagnard d'adoption est à l'affût d'histoire et d'anecdotes insolites à partager avec ses lecteurs. Pour le contacter directement : eric@altitude.news !

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